Yoann Vrignaud

Publié par le 2 sept, 2014 dans artiste | Pas de Commentaire

Yoann Vrignaud est l’auteur de la prochaine invitation à l’exposition de septembre que vous découvrirez bientôt. A partir du titre: « Return to Memphis » et des indications graphiques liées à cette dynamique géométrique des années 80 revisitée en 2014 pour créer la nouvelle scénographie de l’Atelier Beau Travail, il a élaboré une image proche de son langage.
Plutôt qu’une interview ou une présentation cadrée nous avons choisi de lui ouvrir un champs où planter ses réponses. Les voici:

Let the sunshine in

 » A la fin de l’année prochaine, j’aurai fini mon cursus aux Beaux Arts de Paris.

J’ai développé une démarche axée sur la procrastination journalière, la petite dépression bourgeoise d’une vie sans cadre où tout serait à faire si tout ne semblait pas déjà être fait.

Cela fait environ 4 ans que je me suis résigné…C’est marrant, je parlais avec un type de résignation hier. J’essayais de faire comme si j’étais de la résistance mais c’est faux, ce que j’ai mis en place jusque là ressemble à de la résignation, de l’abandon.

Je ne sais pas si je suis artiste, si je veux l’être ni même me sentir l’être. C’est surtout pratique quand on veut balancer des idées autonomes (autonomes pour absurdes, saugrenues, provocantes, stupides, choquantes), « Non mais t’offusque pas ! C’est un artiste, un libre penseur, un éléctron libre…Il dit ça sans le dire, quoi. » J’aime bien l’idée de semer sans récolter.

Tu veux faire quoi plus tard ?

On continue de me poser la question comme si c’était normal. J’ai 25 ans et on fait comme si « plus tard » gardait la même distance d’année en année. Je trouve que plus tard ressemble vachement à aujourd’hui, aujourd’hui.

Plus tard, quand j’aurais fini de branler l’existence, j’aimerais continuer.

Quand je pense à l’avenir, entre deux crises d’angoisse et un coup de ventoline, je gratte mon eczema et j’imagine une pièce quasiment vide, de quoi s’asseoir, de quoi se mettre l’un face à l’autre.

On vient me voir.

-Yoann, on a besoin de toi !

J’adore sentir qu’on aie besoin de moi (alors que je pense n’avoir besoin de personne).

-… (je ne réponds rien, je sais pourquoi le type est là, et il sait que je sais, un vrai dealer).

-Donne nous des idées.

Et là c’est parti pour un brainstorming incroyable, génial, une surchauffe du diable, des convulsions exorcistiques, je dis tout et tout fait sens, le type se gave.

Une machine à penser, à concevoir. Soi-même comme l’outil ultime, l’objectif initial et final.

C’est marrant mais plus j’y pense plus cette pièce est blanche et capitonnée. Le film change, on passe de Minority Report à Sainte-Anne.

Putain, je suis un connard.

J’ai d’abord rencontré Céline Saby, notre histoire d’amour n’a pas marché parce qu’elle est très compliquée, Céline. Ah et je suis PD aussi.

C’est aussi comme ça que j’ai connu Beau Travail. Rien ne sert de dire que j’ai tout de suite adoré, parce que ça fait très commercial. Genre « Tu fais l’affiche et tu dis que tu nous aimes ».

Le choix de Memphis était cohérent, l’Atelier est un lieu de recherches de formes et de couleurs, pas tellement de concept.

L’idée de l’affiche, c’était mettre en avant le lien le plus étroit entre Beau Travail et ce courant, à mon sens l’empilement et le ludisme, la modularité de l’espace et de sa lecture. Le courant de Memphis est constitué d’objets-signes qui se renouvellent selon leurs différentes associations; l’espace physique de l’Atelier est transformé chaque semaine pour devenir un lieu de vente et se réinvente entièrement à chaque exposition thématique.

Ce sont les lettres de Beau Travail qui constituent l’objet-signe avec l’équilibre parfois précaire du fait main et du petit atelier, l’énerjouissance de la recherche et de la découverte.  »

Yoann VrignaudYoann Vrignaud

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